22 novembre 2016

Des scieries qui envoient du bois !

Soutenu par l'Etat et l'ADEME dans le cadre des "Investissements d'avenir", le projet Scierie 4.0 vise la montée en productivité et en performance des scieries. CERIBOIS, pilote du projet,  associé à Bois du Dauphiné qui compte dans le top 10 des scieries françaises,  expérimentent de nouveaux outils et modes d’organisation, avec pour objectif une large diffusion des acquis.

Il est temps de se positionner pour en bénéficier !

« Les scieries françaises doivent gagner en compétitivité. Mais, contrairement à d’autres pays, notamment nordiques, notre ressource est contrainte, car les essences sont très variées et les conditions d’accès aux massifs souvent difficiles. Même si les bois français présentent de très bonnes performances mécaniques, leur exploitation en sciage reste délicate, car l’hétérogénéité des grumes en longueur, largeur et qualité nécessite de fortes capacités d’adaptation. Or la scierie est un maillon stratégique de la chaîne de transformation du bois. Il y a donc des enjeux majeurs à optimiser et faire entrer les scieries dans des logiques de gestion industrielle » explique Emeric Truchet, ingénieur à CERIBOIS, le centre de ressources des industries du bois.


La technologie oui… mais pas seulement

 

L’intégration de technologies permet bien sur de gagner en productivité, notamment depuis l’arrivée des outils de mesure tridimensionnelle permettant d’assister numériquement le processus de sciage. Mais ces technologies ne sont pas accessibles à toutes les scieries. Près de 50 % des scieries françaises traitent moins de 900 m3 par an et ne peuvent investir que progressivement.

Le projet Scierie 4.0 pose en principe que la course à la technologie est importante mais ne constitue pas l’unique moyen de gagner en compétitivité. L’excellence organisationnelle, l’optimisation de la gestion des flux, de l’information et des tâches au sein d’une scierie représentent des leviers immédiatement mobilisables pour améliorer les rendements. D’autant que la filière se structure avec une progression des volumes traités et une tendance à plus de concentration.

 

Agir sur l'organisation


« L’expérimentation que nous conduisons avec Bois du Dauphiné a pour objectif de mieux gérer la chaîne « activités forestières / parc à grumes / scierie / demande finale ». Les évolutions apportées au process devraient à court terme générer 1 point de rendement, ce qui représente plusieurs centaines de milliers d’euros pour une scierie de cette taille,  sur une année. Et nous espérons porter le résultat à 4 ou 5 points de rendement supplémentaires d’ici 3 ans » précise Emeric Truchet.

 

Mieux maitriser les stocks, le transport, les délais de production, maintenir les outils de production opérationnels… ce sont de nouvelles méthodes de gestion de production que le projet Scierie 4.0 entend diffuser, toutes inspirées du lean manufacturing, très développé dans d’autres secteurs industriels.

 

Pour y contribuer, CERIBOIS a entrepris de rechercher des nouveaux prestataires,  en France comme à l’étranger, développant des solutions progicielles pointues et adaptées aux spécificités de cette industrie « divergente » qu’est la scierie (on part d’une matière première pour produire une grande diversité de produits finis). L’enjeu est de pouvoir centraliser dans un outil informatique toutes les informations de gestion des flux et de disposer de moyens d’analyse rapides et fiables.

 

Des acquis reproductibles

 

Engagé début 2016, le projet Scierie 4.0 a d’ores et déjà essaimé. Près d’une dizaine de scierie, de moyenne et petite taille, ont sollicité CERIBOIS pour conduire un audit sur leur process de gestion des flux et s’engager dans une démarche d’amélioration continue. « Parfois, en agissant sur une réorganisation physique de l’atelier et notamment des liens entre le parc à grumes et la ligne de sciage, on gagne du rendement. Notre engagement est de diffuser au maximum les acquis de cette expérimentation. A l’horizon de 10 ans, nous souhaitons avoir apporté cette expertise à un cinquième des scieries françaises. L’enjeu est double : gagner en compétitivité mais aussi éviter des pertes matières, ce qui dans une logique de durabilité et d’économies des ressources reste essentiel ».


Pour en savoir plus sur l’expérimentation et le projet Scierie 4.0, rendez-vous sur Eurobois !
 

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